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La Banalisation du mal

Et la quête d'une justice

« Tout Kigali était en proie à des massacres.
Pourtant, il devait y avoir un ou deux réticents. Quelqu’un m’expliqua un jour que chaque récalcitrant était pris à part et qu’en partageant une bouteille de Primus, on leur expliquait l’importance et la nécessité des opérations. La façon de gérer un réticent, m’a-t-on dit, était de fournir plus de bière, de sélectionner un Tutsi et de lui ordonner de le tuer. En général, m’a dit mon informateur, cela faisait l’affaire. Et s’il y avait un insoumis qui refusait encore ? Celui qui se tenait systématiquement sur le côté lorsque les meurtres avaient lieu ? Une telle personne, m’a-t-on expliqué, était dangereuse pour la cohésion du groupe et devait servir d’exemple. »

Concentré sur des histoires individuelles, le récit de Charles Petrie rappelle combien la terreur peut être rapidement déclenchée. Lorsque le libre arbitre de quelques-uns cède, alors la bête immonde fait son entrée dévastatrice.

À propos de l’auteur

Fonctionnaire à l’ONU, Charles Petrie a été témoin des horreurs du génocide rwandais. Il a également dénoncé la complicité armée de certains de ses collègues, responsables de meurtres et dont les crimes restent impunis.

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